Emeritus Re se positionne pour assurer sa croissance en s’étendant à la zone CIMA

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Emeritus Re se positionne pour assurer sa croissance en s’étendant à la zone CIMA

Après 40 ans sur le marché assurantiel d’Afrique australe, à travers une présence au Zimbabwe, au Botswana, au Malawi, au Mozambique et en Zambie, la compagnie de réassurance Emeritus Resseguros SA, filiale du Groupe ZHL Holding Ltd, a désormais déposé ses valises sur le marché de la zone CIMA avec un bureau à Abidjan, en Côte d’Ivoire, depuis mars 2026. Dans cette interview, le directeur du Bureau de représentation d’Abidjan, Issufo Victor, revient sur les raisons de cette extension de la compagnie en Afrique francophone, et la plus-value que cette société de réassurance compte apporter au marché CIMA.

Depuis le mois de mars 2026, Emeritus Resseguros SA s’est implantée dans la zone CIMA, avec un bureau de représentation à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Après 40 ans en Afrique australe, pourquoi ce choix de vous tourner vers ce marché de la région CIMA ? 

Emeritus Resseguros SA est une compagnie de réassurance qui a 40 ans d’existence en Afrique australe. Nous couvrons tous les risques, en assurance-vie comme en assurance non-vie, et même les risques peu communs. Nous bénéficions de l’expérience du groupe qui est présent dans l’assurance, la réassurance, le courtage, avec bien d’autres entreprises dans d’autres secteurs d’activité.

Au niveau central, le Directeur général de notre groupe a une vision d’être présents dans toute l’Afrique, de connaître d’autres marchés. Nous avons choisi Abidjan car cela fait partie de notre démarche stratégique qui vise à renforcer notre proximité avec nos partenaires que nous avons déjà en Afrique de l’Ouest. Et la Côte d’Ivoire, notamment Abidjan en particulier, constitue aujourd’hui, un hub régional dynamique ; c’est le plus grand marché de la zone CIMA. Et notre décision d’aller à Abidjan, est juste une question stratégique, nous voulons être avec le meilleur.

Quel regard portez-vous sur le marché de l’assurance et de la réassurance dans la zone CIMA ?

Tous les marchés sont différents, cela est une vérité. Il faut savoir être ouvert, disposé à apprendre chaque jour. Nous sommes venus dans un nouveau marché, il nous revient de chercher à comprendre comment ce marché fonctionne. Mais en même temps, nous avons aussi à y apporter ce que nous avons appris ailleurs, afin d’amener quelque chose de nouveau sur ce marché.

Car, nous ne venons pas seulement pour faire du business ; nous voulons apporter ce que nous avons comme expérience. Et comme indiqué plus haut, notre compagnie a 40 ans dans la réassurance et c’est à considérer. C’est pour cela que je pense que notre compagnie a beaucoup à offrir, et en même temps, beaucoup à apprendre avec ce nouveau marché d’Afrique francophone.

Et d’un marché lusophone et anglophone au marché francophone, comment comptez-vous intégrer à ce nouvel environnement ?

Au niveau d’Emeritus, nous aimons bien les défis, les choses nouvelles. C’est ainsi que nous avons grandi pendant ces 40 dernières années ; et c’est ainsi que nous envisageons l’avenir. La langue ne constitue pas une barrière pour faire du business, la preuve nous sommes partis d’un pays lusophone où l’on parle portugais intégrer le marché anglophone.

Avec 40 ans d’expérience, y a-t-il des segments du marché assurantiel où vous avez su développer une expertise éprouvée, sur lesquels vous voulez miser pour affronter ce nouveau marché ?

Oui, il y en a plusieurs. Par exemple, on a la caution où il y a beaucoup d’offres. La façon dont nous faisons la caution est un peu différente de ce qui se fait sur le marché CIMA. C’est l’un des segments sur lesquels pouvons essayer de travailler ensemble. Nous sommes également bien spécialisés dans les domaines comme l’incendie, la construction, le montage et bien d’autres domaines.

Comment vous comptez faire de la place aux côtés des grands réassureurs de la zone CIMA ?

Je crois à une chose :  il n’y a pas de concurrence entre assureurs, réassureurs. Nous sommes tous des partenaires.  Si tous les acteurs adoptent cette vision-là, il y aura de la place pour tout le monde, car chaque compagnie a des objectifs et la dynamique est différente. Si mon objectif et votre objectif sont différents, ce que je cherche n’est donc pas la même chose que ce que vous cherchez ! Il n’y a donc pas de compétition. Il y a de la place pour tout le monde.

En Afrique australe, nous avons l’Afrique du Sud qui est un gros marché. Mais il y a toujours la place pour recevoir de nouveaux réassureurs. Dans la zone CIMA, nous pouvons dénicher de nouvelles opportunités, car souvent, quand vous êtes dans un environnement, vous ne voyez pas toujours où sont les opportunités. Il faudrait que quelqu’un vienne d’ailleurs pour vous le faire savoir. Notre compagnie vient apporter, d’une manière ou d’une autre, un plus au marché de la zone CIMA et nous allons essayer de travailler avec les compagnies locales.

Quels sont les défis à relever pour le secteur de l’assurance dans la zone CIMA pour les prochaines années ?

La digitalisation et l’intelligence artificielle sont des défis importants. L’un des piliers de l’avenir de l’assurance réside dans l’intelligence artificielle, car elle peut aider à traiter les gros volumes d’informations, surtout dans un contexte de changement climatique. Aujourd’hui, il est possible de savoir qu’à tel moment de l’année, on va avoir beaucoup de pluie ou de sécheresse, L’IA peut permettre aux réassureurs de préparer les contrats de réassurance et les taux de primes qu’ils vont utiliser.

En Europe, les compagnies sont déjà trop avancées en matière d’IA. Ce n’est pas comme chez nous en Afrique où la plupart des évènements sont des surprises. En Occident, les compagnies savent déjà ce qui va arriver. Et elles se préparent pour y faire face, relever les défis. Autre élément important, c’est le cadre réglementaire. À ce niveau, c’est toute l’Afrique qui a besoin d’évoluer, à l’exception bien entendu de l’Afrique du Sud, qui est déjà trop en avance.

Comme prochains challenges, il faut également beaucoup investir dans la micro-assurance et l’inclusion financière, sans oublier l’assurance climatique, mais surtout au niveau agricole. Je viens du Mozambique, un pays qui souffre beaucoup du changement climatique, car nous sommes de l’autre côté de la mer. Nous souffrons beaucoup des cyclones, des tempêtes, de la pluie. Ce problème nous a donné une autre façon de voir l’assurance. À ce niveau, nous avons développé avec les compagnies d’assurance une expérience au niveau des risques liés au changement climatique, aux catastrophes, à l’énergie, à l’énergie renouvelable renouvelable. Nous avons déjà quelques projets au niveau de l’énergie solaire que nous sommes en train de développer.

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