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Un forum met en avant le rôle des courtiers dans la promotion de la souscription d’assurances dans la zone CIMA

Inter-African Federation of Insurance Advisers (FIAC) 16th Annual General Assembly from 10 to 13 June 2026 in Ouagadougou, Burkina Faso

Les courtiers d’assurance de la zone CIMA, regroupés au sein de la Fédération Interafricaine des Assureurs Conseils (FIAC), veulent jouer pleinement leur partition pour l’amélioration de l’inclusion assurantielle des populations de la région.

Pour ce faire, ils ont tenu leur 16e Assemblée générale annuelle, du 10 au 13 juin 2026, à Ouagadougou, au Burkina Faso, sous le thème : « Inclusion financière en Afrique : rôle du courtage d’assurance dans l’élargissement de l’accès et l’amélioration du taux de pénétration ». Trois jours durant, courtiers, assureurs et décideurs publics ont passé en revue les leviers à actionner afin de permettre de rapprocher davantage l’assurance des besoins et réalités des populations.

L’espace CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance (CIMA), fort de 14 pays d’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre, à l’instar d’autres régions du continent, se caratérise par un faible taux de pénétration de l’assurance ; il se situe à moins de 2% dans cette zone. La faible culture assurantielle due au faible niveau d’éducation populations, la pauvreté, la prégnance des croyances socioculturelles ou sociologiques, des facteurs historiques, entre autres, sont le plus souvent évoqués comme facteurs explicatifs ce faible niveau de développement de l’assurance.

Selon le directeur général de Raynal Assurances, Osée Gaëtan Quenum, parmi les freins à l’inclusion assurantielle figure le manque de moyens financiers qui apparaît comme la barrière la plus significative, affectant 81 % des Africains francophones, contre 52 % à l’échelle mondiale. À cela s’ajoute le coût élevé des services financiers qui représente également un obstacle majeur, touchant 22 % des Africains francophones, comparé à 17 % au niveau mondial ; sans oublier le manque de documents officiels (28 %) et la distance avec les institutions bancaires (29 %).

Au niveau de la demande, plusieurs facteurs, a soutenu M. Quenum, freinent encore l’accès à l’assurance pour toutes les couches sociales. Il s’agit de la « faible connaissance des produits d’assurance, de leur fonctionnement, et de leurs bénéfices potentiels qui limite l’intérêt des populations pour les produits d’assurance » ; de la  « méfiance généralisée envers les institutions financières et les assureurs, souvent liée à des expériences passées négatives » ;  et surtout de la « priorité accordée aux besoins de base, tels que l’alimentation, le logement, et l’éducation des enfants, qui relègue l’assurance au second plan dans les priorités budgétaires des familles à faible revenu ».

Position idéale du courtier d’assurance

S’ils sont tous fondés, il convient d’admettre que ces facteurs n’épuisent pas toute la problématique. Il y a donc lieu de convoquer ou d’interroger d’autres paramètres, notamment le rôle des acteurs du marché assurantiel, en l’occurrence les assureurs, les intermédiaires comme les courtiers d’assurance et les agents généraux, les pouvoirs publics, exécutifs et législatifs…

Pour leur part, les courtiers d’assurance de la zone CIMA, à travers leur organisation faîtière qu’est la Fédération Interafricaine des Assureurs Conseils (FIAC), ont clairement fait le choix de questionner leur rôle et leurs responsabilités dans cette certaine léthargie de l’industrie assurantielle dans cet espace communautaire, malgré l’énorme potentiel dont il regorge. Car, le faible taux de pénétration de l’assurance sous-entend une marge de progression importante à exploiter.

Dans, cette vision pleinement assumée, ils ont tenu leur 16e Assemblée générale annuelle, dans la capitale burkinabè sur le thème : « Inclusion financière en Afrique : rôle du courtage d’assurance dans l’élargissement de l’accès et l’amélioration du taux de pénétration ».

L’ambition de la FIAC est de repositionner le courtage d’assurance comme un levier d’inclusion assurancielle. En effet, en sa qualité d’intermédiaire entre assureurs et assurés, le courtier d’assurance ou assureur-conseil est dans une position idéale pour renforcer l’accès à l’assurance pour les populations, surtout celles généralement exclues du système classique. Il est celui qui peut simplifier le jargon technique assurantiel pour le rendre en langage accessible.

Car, la technicité et la complexité qui entourent les produits d’assurance constituent le premier mur qui freine ou ralentit l’élan ou le premier pan des populations vers cet instrument financier, pourtant essentiel pour la protection sociale des populations et la sécurisation des biens, des investissements, publics et privés.

Un enjeu social, économique et politique

Par sa proximité avec les consommateurs, il a également cette possibilité de comprendre leurs besoins et de les transformer en produits assurantiels innovants et adaptés à leurs réalités à développer et à déployer par les compagnies d’assurance. Ainsi, il pourrait contribuer à rompre avec la traditionnelle approche avec des « produits conçus pour des économies salariées et formelles ne correspondant pas aux flux de revenus irréguliers des travailleurs informels et des petits exploitants agricoles ».

L’élargissement de l’offre d’assurance pour ces cibles exclues comme les petits producteurs, les acteurs du secteur informel constitue une niche pour l’inclusion assurantielle dans l’espace CIMA. Et des expériences réussies en matière d’assurance agricole indicielle au Burkina Faso, au Togo ou au Sénégal montrent que le marché assurantiel constitue un gros potentiel pour l’inclusion financière des populations.

Et il faut donc actionner tous les leviers, sauter tous les verrous afin d’arriver à cette inclusion assurantielle, car, plus qu’un produit financier, l’assurance constitue un enjeu à la fois social, économique et politique. « Lorsque nous excluons les personnes de nos offres d’assurance, en réalité nous leur retirons le droit à la santé, à l’éducation, à la prospérité et à la dignité humaine », a martelé la PDG du Groupe Dayo, Déborah Gnagne.

Cette réalité des millions de ménages, d’agriculteurs et des très petites entreprises qui demeurent exposés à des risques sans aucune protection n’est pas une statistique, c’est une réalité humaine et économique que le secteur assurantiel a le devoir de changer.  Et comme l’a souligné Abdourahmane Kiemdé de l’Agence Nationale de Promotion de la Finance Inclusive (ANPFI) du Burkina Faso, « l’objectif ultime est de construire une protection utile, compréhensible, accessible et viable pour les populations mal servies ».

Mutualiser les moyens, monter en compétences

Mais pour jouer pleinement ce double rôle, tout le monde est unanime à dire qu’il faut changer de paradigme. En effet, le courtier doit abandonner son statut de simple intermédiaire commercial pour se muer en véritable vecteur, agent du changement, pour ainsi devenir cet « architecte » indispensable d’un marché en pleine mutation. « Le courtier ne doit pas être seulement un intermédiaire commercial. Dans une logique d’inclusion, il peut devenir un traducteur de besoins ».

Aujourd’hui, les technologies, le numérique, l’intelligence artificielle offrent plus de moyens aux acteurs du marché de l’assurance et aux courtiers d’assurance en particulier, aussi bien dans la conception des produits que dans la simplification de la distribution, de jouer pleinement leurs rôles de véritables artisans de l’inclusion assurantielle. Mais cela passe par des investissements conséquents dans la mise à jour des connaissances, le renforcement continu des capacités professionnelles, comme l’imposent les défis liés aux mutations technologiques, sociétales et réglementaires. La mutualisation des moyens via des plateformes communes pour réduire les coûts technologiques pour tous les membres, fait partie des réponses structurelles à opérationnaliser.

En tout état de cause, la nouvelle présidente de la FIAC, Léopoldine Fondop Ngoula, a réaffirmé le plein engagement de l’équipe dirigeante à œuvrer à ce que les courtiers d’assurance de la zone aient les moyens d’amorcer ce nouveau virage qu’ils doivent emprunter pour le renouveau de leur corporation, au service du développement du marché assurantiel de la zone CIMA.  « Le nouveau bureau de la FIAC ne sera pas une administration distante. Il sera à vos côtés pour aider vos associations nationales à monter en compétence, à plaider auprès des régulateurs et à accéder aux outils du monde moderne pour être plus forts », a-t-elle rassuré.

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